Déchets ménagers, on nous demande notre avis

Dans le bulletin Infos-Tri de septembre 2012, les responsables de la CCBA (notre Communauté de Communes de la Basse-Automne) nous posent deux questions sur la Redevance d’Enlèvement des Ordures Ménagères (REOM) :

  1. Est-ce que le système de redevance au poids vous satisfait ?
  2. Est-ce qu’il vous parait plus juste ?

A chacun de se prononcer sur la qualité de la prestation à nos portes.

Cependant, après avoir écouté les usagers dans notre village, constaté la croissance des décharges sauvages sur le bord de nos routes, puis la très forte hausse des tarifs au bout d’un an à peine, les responsables de votre association Respirer à Saintines ont décidé de faire la lumière sur ce dossier pour le moins épineux.

Nous sommes allés à la CCBA pour étudier en détail les comptes de la gestion des déchets, les comptes-rendus de réunion du conseil qui ont présidé à la mise en place de cette organisation et à la passation des marchés avec les partenaires. Nous avons rencontré des représentants de la société Veolia qui assure la collecte à nos portes, du SMVO (Syndicat Mixte de la Vallée de l’Oise) qui assure le tri et le traitement des déchets, et avons échangé avec nos élus en charge du dossier.

 

Alors….

Oui, la réduction des déchets est un enjeu majeur pour nos communes, et l’introduction d’une partie variable dans le coût est inévitable. C’est même une obligation légale sur laquelle devront venir toutes les collectivités.

Mais la mise en place est un art délicat.
Et si nous devions retenir un maitre mot dans la méthode adoptée par la CCBA, c’est :

 

précipitation

Précipitation…

pour se piquer d’ «être les premiers», sans se coordonner avec les 284 autres communes qui utilisent les services du SMVO, et qui aujourd’hui se plaignent des déchets de la CCBA déposés dans leurs rues

Précipitation…

en croyant que notre participation financière dans le SMVO allait baisser avec la réduction des seuls déchets résiduels, alors que le coût annuel du SMVO est en partie forfaitaire du fait de la répartition de charges fixes

Précipitation…

en ne faisant pas tout le travail pédagogique qui s’imposait, commune par commune, pour permettre à chacun de bien comprendre les changements d’une telle organisation

Précipitation…

en ne réfléchissant pas par avance à prévenir les comportements inciviques et les dépôts sauvages dans la nature et au bord des routes

Précipitation…

en ne faisant que 3 mois de facturation à blanc, alors que l’ADEME(1) demande 6 mois à un an de fonctionnement à blanc pour verser des subventions : ce sont 200.000 euros qui nous ont échappés et qui auraient pu alléger notre facture.

Précipitation…

en donnant dès le départ une telle importance à la part variable du tarif, contrairement aux recommandations du bureau d’étude mandaté sur le projet, et à celles de l’ADEME qui préconise de démarrer avec une part variable moins importante le temps d’ajuster le système.

 

 Alors, un système « plus juste »…  plus juste que quoi ?

Il était aussi possible de mettre en place un système « à la levée », c’est-à-dire, au nombre de fois où l’on sort sa poubelle sur le trottoir. Chaque système, au poids ou à la levée, a ses avantages et ses inconvénients. En particulier le système à la levée est moins coûteux en terme d’équipement des camions de collecte, et surtout il permet de baisser les coûts en incitant les usagers à ne pas systématiquement sortir leurs containers.

C’est finalement le système au poids qui est appliqué, sans qu’aucune décision n’apparaisse dans les compte-rendus de conseil. Qui a pris la décision et sur quels fondements? De plus, le contrat passé avec la société Veolia pour la collecte est un prix global annuel fixe indépendant des quantités ramassées.
Comment dès lors faire baisser le coût pour les habitants ?

Le résultat était inévitable :

plus on trie, plus on paie

 

Et précipitation enfin…

pour ne pas avoir anticipé ce que tout le monde sait, à savoir la fusion programmée de la CCBA dans l’ARC, la Communauté d’Agglomération de Compiègne. Le maire de Compiègne, qui est aussi président de l’ARC, l’a déjà clairement annoncé : la CCBA devra rentrer dans l’ARC…  sans son système de redevance !

 

 Alors… est-ce que le système de redevance incitative nous satisfait ?

A chacun de se faire sa conviction au vu de ces informations.

 

La presse, cliquez pour agrandir les articles

(1)  ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie.
Sous certaines conditions, l’ADEME accorde des subventions aux collectivités qui mettent en place un système de redevance incitative sur les ordures ménagères. Nous n’en avons pas bénéficié pour ne pas avoir fait au moins 6 mois de facturation à blanc

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